Déplacement à Sainté
Déplacement Rouge & Bleu/Hexas le 12 février 2011 à Sainté

Ce samedi 12 février, nous avons organisé le déplacement en bus à Sainté conjointement avec les Hex@gones.
29 bus lyonnais dont le notre, pour un derby inoubliable.
Ci-dessous, un témoignage d’une adhérente Rouge & Bleu sur son «premier derby à GG»
Ma première fois...en Roumanie
par Frédérique Frey, dimanche 13 février 2011, 13:58
A l'heure où certains vont arpenter les boutiques ou encore aller se promener au bord du Rhône,
d'autres se préparent à vivre un instant qu'ils espèrent tous et toutes inoubliable et magique.
Les besaces se remplissent de boissons diverses aux noms exotiques, aux couleurs estivales, aux parfums fruités,
Des odeurs salées et des textures variées commencent à se transformer en mets gouteux finement enrobé de papier argenté,
Tout semble se mettre lentement en place comme quelques notes sur une partition qui formeront, dans quelques instants, une douce et mélodieuse musique que chacun reconnaitra.
En ligne, tels des écoliers prêts à rentrer en classe, de nombreux bus se tiennent prêts à accueillir cette foule en liesse,
prête à laisser exploser sous toutes ces formes cette tension qui l'envahit au plus profond depuis quelques jours déjà.
Depuis ce jour où, dans une ambiance glaciale, onze petits hommes verts venus du bout du monde, avaient malheureusement enlevé la fierté et l'allégresse de cette foule en délire qui les accueillait ce jour là sur le pelouse des Gones.
Des bouteilles s'alignent sur les trottoirs comme des soldats de plomb prêts à partir en guerre,
Des sacs posés là à même le sol attendent sagement une main qui viendra les délivrer de cette poussière sur laquelle ils reposent,
Une foule au couleurs de l'arc en ciel s'est regroupée telle une assemblée d'abeilles devant une ruche,
Les bourdonnements envahissent petit à petit la rue, chacun se préparant doucement à prendre possession du bus qui les conduira à cet endroit que tous, du plus jeune au plus ancien, voudrait ne pas pouvoir maudire et rester fair-play,
cependant une histoire et un lourd passé empêcheront à tout jamais d'unir ces deux villes cousines mais à jamais soeurs...
Des motards aux casques noirs et aux visages fermés et des fourgonnettes sur lesquelles une lumière bleutée et vive semble danser, se sont intercallés entre les bus comme pour donner le ton à cette danse incessante qui se tiendra sur des dizaines de kilomètres encore,
Le ciel ensoleillé quitte peu à peu notre route pour laisser place à la nuit sombre et froide qui tombe lentement sur ce paysage sans nom
Quelques petites lumières éparpillées au loin nous laisse deviner que nous approchons doucement de ce chaudron dans lequel va mijoter ce soir une multitude de sentiments et de saveurs douces et amères.
L'ambiance auparavant joviale et très conviviale laisse peu à peu place à une atmosphère lourde et pesante.
En ligne ou en petits groupes chacun s'avance à pas feutrés vers cette porte érigée là droit devant telle une statue de marbre sans vie qui impressionne tel un colosse de Rhodes prêt à surgir du passé
Une multitude d'hommes en noir, semblant avoir empruntés pour l'occasion à Georges Lukas les costumes de la « Guerre des étoiles » forment un chemin que chacun à l'obligation d'emprunter.
L'ambiance est tendue et silencieuse, les regards absents et emplis de doutes
Les visages sont figés et tous se dirigent lentement, mais à pas lourd, vers cette pelouse qui semble leur ouvrir les bras comme pour les bercer et les réconforter de cette défaite, gravée là dans le coeur de chaque supporter lyonnais
Un léger vent glacial se lève peu à peu alourdissant encore davantage cette ambiance froide. Le silence règne à Geoffroy Guichard.
Les multiples questions, tels des prisonniers de longue peine, semblent enfermées à double tour dans les têtes et ne sortent pas, au risque de conjurer le mauvais sort.
Un coup de sifflet a retenti et lentement, comme pour s'échauffer, le ballon roule et prends petit à petit possession de ce gazon vert et dru sur lequel il danse, frappé de tous côtés.
Comme un taureau enfermé dans le noir dans l'attente qu'on le délivre, les joueurs aux maillots couleur de neige, piétinent et semblent perdus, comme si aucune règle du jeu ne leur avait été transmis.
Cette arène, remplie de tous côtés, leur tendait les bras comme pour les protéger mais malgré tout cela ils semblaient désemparés ne sachant que faire pour contrer ces gladiateurs aux maillots verts que rien ne semblaient désarçonner
Tantôt verts, tantôt Rouge et Bleu, les étendards s'agitaient comme pour montrer que là, au milieu de ce chaos, des hommes se tenaient prêts à applaudir et à vibrer si toutefois, ce ballon doré et rond comme la lune si haut dans le ciel ce soir là, voulait bien aller embrasser ce filet tendu là pour l'occasion.
Des sifflements, des insultes mais aussi des cris de joie martèlent ces 90 minutes de liesse. De multiples chants et autres danses ont donné âme à cette fête durant laquelle, minute après minute, la joie et l'ivresse ont peu à peu donné naissance à cette jouissance ultime qui, plus puissante que l'allégresse, a laissé exploser cette tension enfermée au plus profond de chacun.
Les visages illuminés par la satisfaction et le plaisir exaltent de bonheur.
Les cris de joie ont laissé place aux commentaires sportifs où chacun y va de sa petite anecdote personnelle. Dans le bus retour, peu de bruit. Non que l'ivresse aurait disparue, mais plutôt que les voix semblaient avoir délivrer toute leur puissance et que là, fatiguées par cette rude épreuve, elles ne réclamaient que leur part du butin où chacun devait comprendre que le sourire posé là sur les lèvres remplacerait pendant les jours à venir tous les mots et autres commentaires de cette soirée vécue entre amis, de cette victoire tant espérée et de cette passion partagée...
Jamais je n'oublierai cette première fois...
Merci à vous Tous...